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Lundi matin à 6.15 h Parwais Sangari (20 ans) prendra l’avion direction Afghanistan. De nouveau une histoire pénible qui s’émerge. Pour plusieurs parmis nous un déjà vu.

Il y a quatre ans Parwais s’échouait en Belgique. Pas pour son plaisir, ni pour y chercher une vie meilleure. Mais parce que sa vie est en danger. Lors d’un attentat à sa maison, son père perdait la vie et la maison était détruite. Lui-même il tiendra des cicatrices pour le reste de sa vie. Il s’enfuyait de l’Afghanistan, le pays qui n’a jamais quitté le top trois des pays les plus insécurisé au monde.

Lors de son arrivé en Belgique, le Commisariat-Général pour les Refugiés et Sans-Etats se doutait de son histoire, comme ce service fait d’habitude. Si tu t’enfuis pour ta vie, on s’attend aux preuves. Si tu ne peux pas le prouver à l’immédiat, ou tes preuves sont pas suffisantes, tant pis. Pour les autorités de ce pays tu es vite considéré comme menteur. Il faut, dans ce cas, attendre jusqu’au moment que la procédure est arrondie afin d’être arrêté et renvoyé.

La politique d’asile et de migration dans notre pays n’est pas seulement sévère, elle est inhumaine et injuste. Le but le plus important c’est d’expulser autant de gens que possible. Les premières victimes se sont ceux qui ont fui de leur vie, car ils n’avaient littéralement souvent pas le temps ou l’occasion d’emporter les preuves d’étayer leurs situations.

Celui qui suit la politique d’asile, sait comment ça fonctionne. Les autorités reçoivent clairement l’ordre de refuser autant de personnes que possible. En outre, on considère d’avance que l’histoire de ces gens serait incorrecte, mentie. Nous savons, par exemple, que les traducteurs ont remarqué une grande différence entre ce que le demandeur d’asile a dit et la traduction qui se trouve finalement dans le rapport de l’interrogateur.

Nous savons également que les fonctionnaires qui travaillent chez ces services ont des méthodes de plus en plus bureaucratiques afin de démotiver et de stresser les demandeurs d’asile. Imaginez-vous, cher lecteur, d’être obligé de donner une interview dont lequel dépendra votre vie, votre future. Quel stress vous penseriez d’avoir si on vous oblige de raconter, encore et encore, la même histoire, bien sachant que tout détail, toute virgule doit correspondre, puisque avec la moindre « inconsistance », votre procédure se finit : la « preuve » que vous êtes en train de mentir est considérée comme appuyée.

Il y a des quotas qui doivent être atteints. Il ne s’agit pas de la personne qui est devant vous, ni de l’histoire de cette personne. Non, cette personne est un chiffre. Un chiffre qui doit être baissée. Car comme-ça le ministre peut annoncer à la télévision, la radio et les journeaux, avec beaucoup de fierté comment les chiffres ont diminué, le nombre de personnes ont été retourné etc…

Alors que les politiciens et les médias parlent des chiffres et comment nous devons agir, nous oublions qu’il s’agit ici des vies humaines et que ces gens ont aussi un certain nombre de droits fondamentaux.

Tant que nous ne connaissons pas les histoires de ces personnes, nous nous sentons   rassurés. Le problème des réfugiés est très compliqué et nous n’avons rien à dire. Ce que nous savons, c’est que les politiciens, avec le ministre en-tête ainsi qu’un nombre de membres du parlement, nous racontent. Malheureusement beaucoup de gens pensent assez vite que ceci est la réalité.

Mais en ce moment des histoires surgissent, comme celle de la Pusta Pandey, Scott Mayo et, maintenant, Sangari Parwais. Histoires de réfugiés que nous allons cessons d’appeler  «une affaire ». Toutes les personnes qui séjournent ici pendant un certain temps, qui se sont intégré, qui contribuent positivement à notre société et qui ont construit leur vie ici.

Personnes qui ont le juste droit de rester ici et qui le méritent en plus. Personnes dont notre pays a besoin. Parce que n’est-ce pas le même gouvernement qui nous dit qu’il y a des postes vacants dans les boulots d’étranglement qui doivent être remplis.

Parwais est un soudeur et soudeur est un des ces professions.

Nos politiciens parlent de plus en plus de l’intégration. Eh bien, ici vous avez l’un des nombreux exemples d’un réfugié qui est parfaitement intégré et encore il devrait   retourner. Quel est le point de demander à cette population qu’ils s’intègrent s’ils ne peuvent pas rester ici ?

Pour Scott Mayo, qui a été arrêté par hasard dans le même train que Parwais et qui partageait la même chambre avec lui, on a fait une exception. Pourquoi une pareille solution ne serait pas possible pour Parwais ?

Que Scott peut rester, c’est grâce à l’appui et à l’engagement de dizaines de personnes qui jouaient un le rôle positif auprès des médias et des politiciens. Aujourd’hui ces mêmes personnes peuvent à nouveau jouer également un rôle important.

Simultanément, nous devons tous nous réaliser qu’on ne se réveille uniquement lors des histoires individuelles qui prennent un combat contre le temps : Parwais, au moment de la rédaction de ce texte, à moins de 24 heures avant son départ forcé. Un autre type d’exigences de la politique est nécessaire pour toutes les personnes dans cette situation. Une politique claire, humaine et équitable. Afin que ce genre d’histoires ne se passe plus tous les jours.

Il ne faut pas oublier que seulement quelques histoires obtiennent notre attention et celle des médias du grand public. En même temps, il y a encore beaucoup d’histoires poignantes que nous ne savons pas et où la politique inhumaine et injuste de ce pays fait du chahut.

La responsabilité incombe non seulement la politique. Aussi les dizaines d’organisations de la société civile doivent jouer leur rôle et défendre ces gens, apporter leurs histoires à l’extérieur et le combat de leurs droits. Montrer que ces gens ne sont plus que des numéros.

Les citoyens indignés peuvent insister auprès de ces organisations, dont ils sont souvent membre, d’agir et d’apporter des solutions structurelles. La question reste : est-ce que ces organisations vont s’organiser ? Quand je regarde en arrière au courant de l’année dernière, alors je suis très pessimiste, mais il n’est jamais trop tard. Mon engagement, il l’ont déjà.

Bleri Lleshi est un philosophe politique et activiste des droits de l’homme

Traduction et correction Mark Willems et Monique Spithoven

https://www.facebook.com/People4Parwais

https://blerilleshi.wordpress.com

https://www.facebook.com/Bleri.Lleshi

twitter @blerilleshi

2 thoughts on “Parwais, réfugié. Retour sans pardon ?

  1. C’est terrible que Parwais soit renvoyé en Afghanistan. Après une journée de lutte et de mobilisation je ne peux que m’indigner du fait qu’une deuxième personne (et Médecins du Monde nous a parlé de lui dans son communiqué) soit passée inaperçue. Pourtant, Arora SATESH sera également renvoyé en Afghanistan demain matin. En tant qu’Hindou et faisant partie d’une minorité opprimée,il court un danger énorme. Il était en Belgique depuis six ans. L’appel à l’aide de son frère est passé inaperçu: http://www.doktersvandewereld.be/Belgie-stuurt-kwetsbare-mensen.html

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