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stellaJe suis née et ai grandi à Vladikavkaz, une ville de Russie. Vous n’en avez probablement jamais entendu parler. C’est une belle ville au pied des montagnes du Caucase, sur les rives de la rivière Terek. Une ville avec une riche histoire, et également très multiculturelle. Ossètes, Russes, Géorgiens et Arméniens et beaucoup d’autres s’y partagent la ville.

Je suis arrivée en Belgique à mes 19 ans, avec mes parents. C’était il y a 3 ans. J’ai passé deux de ces trois années à Bruxelles, où j’habite encore. Elle est depuis devenue ma ville. Je trouve que Bruxelles est une ville magique, si différente des autres villes et si étonnante. Vous pouvez dire que je suis fascinée par Bruxelles. Cette ville me donne de l’énergie et m’inspire.

Trouver ma place à Bruxelles n’a pas été facile au début. Je parlais néerlandais mais pas un mot de français. Je ne savais pas bien où je devais aller ni par où commencer ma vie dans une si grande ville, qui est aussi un peu chaotique selon moi. Au final, et un peu par hasard, je suis tombée sur l’asbl Bon (Bon VZW). Et c’était parti! J’ai suivi un cours d’intégration et un cours de néerlandais. J’ai pu y rencontrer de nouvelles personnes et ai également appris à poser un nouveau regard autour de moi. L’ASBL Bon est située au cœur d’Anneessens. Par coïncidence, le quartier dans lequel j’ai habité pendant un an.

Anneessens est souvent dans les médias. Ce qui est compréhensible. Il y a beaucoup de problèmes, et peu est fait pour y remédier. En habitant ici on voit beaucoup de pauvreté, de sans-abri, d’usagers de drogues, de jeunes dans la rue. J’aime y vivre, mais il y a également eu des moments moins agréables que d’autres. C’était embêtant de m’entendre dire à chaque fois que je passais dans le quartier : “Bonjour mademoiselle”, de la part d’hommes avec un sourire affamé, des hommes peu respectueux.

Ce que je trouvais particulièrement dérangeant étaient tous les stéréotypes. Un jour, je me trouvais parmi un groupe de jeunes. On ne savait pas grand-chose les uns des autres à part nos noms respectifs. Ils étaient polis et respectueux envers moi. Quand j’ai dit que je venais de Russie (en fait d’Ossétie, mais presque personne ne connaît l’Ossétie), la première réaction a été “Vodka”. Et de constater comment l’atmosphère changeait d’un coup, comment les blagues de bas niveau volaient et comment tous les stéréotypes remontaient à la surface. J’ai du mal à comprendre ce genre de réactions. Je me suis d’abord demandé si j’avais fait quelque chose de mal. Ou était-ce parce que je viens de Russie? Quel est le problème avec ça?

Ce n’est pas qu’auprès des Belges que j’ai été confrontée à ces stéréotypes. Au début de mes études en travail socio-culturel j’ai dû trouver un stage. Ce fut naturellement au sein de l’asbl Bon. Cela devenait maintenant mon travail, je devais donc y adopter un autre point de vue. Pendant cette période j’ai dû beaucoup observer, rencontrer beaucoup de personnes et écouter différentes opinions. J’y suis aussi, à vrai dire, arrivée à la conclusion que tout le monde n’est pas désireux de s’intégrer.

Et donc, un jour, je participais au cours d’orientation sociétale, donné en Anglais. Nous y parlions des valeurs et des normes belges. Sur la place de la femme, sur le mariage homosexuel, etc. Des choses qui sont ici tout simplement normales. La réaction d’un certain nombre de participants m’a étonnée. “Non, je ne peux pas accepter quelque chose comme ça”, “Je suis contre le mariage homosexuel” ou un autre qui trouvait tout à fait normal qu’une femme ne puisse pas travailler.

“Qu’en est-il de leurs enfants”, c’est ce que je me suis tout de suite demandé. Ceux-là entendent les opinions de leurs parents à la maison. Ils doivent grandir avec cette vision, alors qu’à l’extérieur une autre vision règne dans la société. Ne sera-t-il pas difficile pour ces enfants de grandir entre deux cultures? Cela m’a fait penser à une idée.

Depuis mon arrivée à Bruxelles je suis volontaire auprès d’organisations travaillant avec des enfants et des jeunes. Dans The Inspirator, un projet sur les compétences, j’ai beaucoup appris sur ce que je voulais réaliser avec les enfants, mais aussi sur la manière de monter moi-même un projet et mieux communiquer. J’ai par la suite suivi quelques formations (pour devenir animatrice et animatrice en chef) pour pouvoir travailler avec des enfants pendant les camps. Je travaille actuellement comme volontaire dans l’organisation Pantalonie.

J’essaie, en tant que volontaire, de mettre les enfants en contact avec d’autres cultures. Cela afin qu’ils connaissent et acceptent d’autres cultures, dès leur plus jeune âge. Je crois que les jeunes peuvent ainsi se connaître entre eux, être plus à l’aise avec différentes normes et valeurs et vivre pleinement leur propre identité. Ce que j’ai appris, j’essaie maintenant de le transmettre aux enfants avec qui je travaille. Je veux leur montrer qu’ils peuvent aller loin, s’ils le veulent.

J’aimerais bien qu’il n’y ait pas de stéréotypes dans notre société. Les stéréotypes sont, de ma propre expérience, porteurs de négativité. Nous devons abandonner nos clichés arriérés sur les “Russes”, les “Marocains”, les “Belges”, etc. Nous vivons quand même tous ensemble? Nous faisons quand même partie de la même société? Plus de contact avec et plus de compréhension envers les autres, à la place de préjugés et de stéréotypes, nous rendrait à tous la vie plus agréable. J’essaie d’apporter ma propre contribution à cette ville, afin que nous puissions encore plus apprécier Bruxelles.

Stella Kozyreva a 23 ans

On est submergé de messages négatifs concernant la jeunesse bruxelloise. Comme s’il n’y avait qu’un seul type de jeune à Bruxelles. Bléri Lleshi, philosophe politique, se lancent dans une campagne d’information intitulée ‘Lettres de Bruxelles’. Chaque mercredi , treize semaines durant, de jeunes Bruxellois prennent la parole.

Les lunettes flamandes par Ibrahim Üçkuyulu

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/09/24/lettres-de-bruxelles-les-lunettes-flamandes/

Fille d’ un nègre des sables par Danira Boukhriss Terkessidis

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/01/lettres-de-bruxelles-fille-dun-negre-des-sables/

Bruxelles n’appartient pas seulement aux navetteurs par Nathaniël Bovin

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/09/lettres-de-bruxelles-bruxelles-nappartient-pas-seulement-aux-navetteurs/

Entre les deux  par Natacha De Rudder

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/17/lettres-de-bruxelles-entre-les-deux/

Je crois en la force de la positivité par Hannah Boakye

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/23/lettres-de-bruxelles-je-crois-en-la-force-de-la-positivite/

Avoir des opportunités c’est bien, en profiter c’est mieux par Blaise Turikumwe

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/30/lettres-de-bruxelles-avoir-des-opportunites-cest-bien-en-profiter-cest-mieux/

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