Home

blaiseBeaucoup de jérémiades se font entendre après l’enième reportage sur des allochtones ayant causé des troubles. Ou qui, d’une manière ou d’une autre, sont liés avec les conflits, le vandalisme, la violence, etc…par les médias. Ces informations nous rapportent tout ce qui ne va pas dans le monde d’aujourd’hui. Pouvons-nous considérer que le tableau sans nuances peint par les médias est représentatif? Ou y-a-t-il aussi des témoignages positifs?

Je me souviens clairement d’un communiqué de presse. 3 Belges d’origine turque avaient trouvé 300.000 euros dans un coffre d’une ancienne agence Dexia que l’un d’entre eux avait racheté et était en train de transformer. Ils ont alors appelé la police et la presse “pour montrer que nous sommes des personnes honnêtes”.

D’un côté, nous pourrions dire que cet acte est un vrai exemple d’intégrité et de morale, et cela est bien entendu digne de louanges. Mais je voudrais regarder au revers de la morale: “Que ceci soit la preuve que les préjugés sur les allochtones sont faux”.

J’ai souvent l’impression que les étrangers, les allochtones, quel que soit le nom que vous leur donnez, souffrent d’une forme de “complexe d’infériorité”. Ce n’est nullement mon intention de banaliser le racisme et les discriminations. Mais mettre la pression sur la population “indigène” pour prouver le contraire est peu productif. Cela crée une atmosphère de frictions et de polarisation, “eux contre nous”. C’est une chose que de condamner l’injustice de la société, mais plus de courage est exigé pour dépasser une certaine “mentalité de victime”. Vouloir changer l’opinion publique est un objectif valeureux, si cela est couplé avec des initiatives positives.

Je connais un certain nombre de mères qui, à cause de la guerre dans leur pays, ont fui vers la Belgique, comme veuves avec des jeunes enfants, sans moyens financiers et sans perspectives claires d’avenir. Les difficultés pour trouver du travail (entre autre à cause d’un diplôme non reconnu), les loyers élevés et les soins aux jeunes enfants sont des obstacles connus. Et malgré cela, ces mères célibataires réussissent à surmonter leurs problèmes afin que leurs enfants puissent réussir leurs études, y compris dans l’enseignement supérieur, et trouver du travail. Je suis bien conscient que cela n’est pas le parcours “standard” et que beaucoup de mères célibataires ont énormément de difficultés. Et que beaucoup d’enfants ne peuvent être encouragés et soutenus par leurs parents.

D’un autre côté nous ne pouvons pas nier la discrimination existante. Il suffit de penser à la fameuse histoire des listes “Blanc Bleu Belge”, qui a montré que beaucoup d’entreprises belges ne veulent que des employés ayant le bon pedigree. Mais en cette période de crises et d’incertitude économique, les jeunes doivent réaliser que l’obtention d’un diplôme ne suffit pas. C’est à nous de prendre nos propres responsabilités et, même dans des situations défavorables, de saisir les occasions et de créer des opportunités.

Le discours récurrent est qu’il y a une forte inégalité dans l’enseignement. J’ai trouvé ironique le fait qu’un de mes amis, originaire d’Afrique, se plaigne du fait que “la présence de beaucoup d’étrangers mine la qualité de l’enseignement.” À première vue, cela semblait hypocrite. Mais je l’ai moi-même vécu: j’ai fait l’école primaire à Anderlecht, où la majorité des élèves était d’origine étrangère. En sixième année ma mère m’a inscrit dans une école en Flandre. Je me souviens encore clairement que notre professeur nous faisait revoir les chiffres romains, une simple révision qui pour moi était comme du chinois. Mon visage en disait long.

C’est une anecdote, mais qui illustre bien l’énorme retard en enseignement de beaucoup de jeunes Bruxellois. Bien sûr, les autorités ont leur part de responsabilités. Mais il s’agit également d’une interaction: si nous nous engagions dans une participation active, cela faciliterait tout de même le processus d’apprentissage?

J’ai décidé de m’impliquer dans une organisation internationale d’étudiants: l’AIESEC. Nous offrons aux jeunes la possibilité d’aller à l’étranger après leurs études, et à de jeunes étrangers de venir ici, pour un stage rémunéré allant de 6 à 18 mois, ou de travailler 6 semaines sur un projet de développement pendant l’été.

Les volontaires comme moi peuvent travailler à l’organisation de projets comme s’il s’agissait d’une salon d’emploi. L’objectif est de développer une compréhension pour les autres cultures et de donner une chance aux jeunes de pouvoir construire un réseau professionnel pendant leurs études. En voyant comment ces jeunes collaborent dans ce groupe multiculturel, je suis tenté de croire que la coexistence pacifique n’est pas un idéal, mais un fait.

Je suis reconnaissant de pouvoir vivre en Belgique, d’avoir le privilège de pouvoir suivre des études supérieures, de pouvoir travailler l’été afin d’être financièrement indépendant, et de pouvoir envisager un avenir positif. Avoir des opportunités c’est bien, en profiter c’est mieux.

Blaise Turikumwe a 21 ans

On est submergé de messages négatifs concernant la jeunesse bruxelloise. Comme s’il n’y avait qu’un seul type de jeune à Bruxelles. Bléri Lleshi, philosophe politique, se lancent dans une campagne d’information intitulée ‘Lettres de Bruxelles’. Chaque mercredi , treize semaines durant, de jeunes Bruxellois prennent la parole.

Les lunettes flamandes par Ibrahim Üçkuyulu

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/09/24/lettres-de-bruxelles-les-lunettes-flamandes/

Fille d’ un nègre des sables par Danira Boukhriss Terkessidis

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/01/lettres-de-bruxelles-fille-dun-negre-des-sables/

Bruxelles n’appartient pas seulement aux navetteurs par Nathaniël Bovin

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/09/lettres-de-bruxelles-bruxelles-nappartient-pas-seulement-aux-navetteurs/

Entre les deux  par Natacha De Rudder

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/17/lettres-de-bruxelles-entre-les-deux/

Je crois en la force de la positivité par Hannah Boakye

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/23/lettres-de-bruxelles-je-crois-en-la-force-de-la-positivite/

Suivez les lettres sur

https://blerilleshi.wordpress.com

https://www.facebook.com/Bleri.Lleshi

@blerilleshi

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s