Home

hannahJuin 2007 . Journée et soirée chouette au festival bruxellois Couleur Café. On voulait continuer la nuit en fêtant à Bruxelles. Ne connaissant pas la ville, mes copines et moi nous sommes égarées. Ce qui s’annonçait comme une soirée festive a abouti à une errance angoissante autour de la gare du Midi.

On ne trouvait rien d’agréable, on se faisait peur l’une l’autre en voyant les personnages lugubres autour de nous, on avait froid et nous nous sommes finalement endormies à côté des SDF à la gare. Au petit matin on s’est précipitées vers le premier train direction Anvers. Ouf, finalement en route vers mon havre de paix (bien que j’habitais Borgerhout, qui pour certains est un ghetto). Je me suis juré de ne plus mettre les pieds à Bruxelles, sauf nécessité extrême. Et pourtant cela s’est déroulé autrement. Les études que je voulais faire ne s’organisaient qu’à Bruxelles … et m’y voilà.

Entretemps mon amour pour Bruxelles est bien connu. Je trouve à peine les mots pour exprimer ce qui m’attire tellement dans cette ville. M’évader d’un endroit pour l’aimer tellement par après ? Oui, c’est possible. Je voulais que mon attitude soit sans préjugés. J’ai changé de lunettes. Cela m’a permis de voir Bruxelles différemment. Quelle beauté m’a été rendue.

Je me réjouis d’étudier à la Bibliothèque Royale et de voir le soleil se coucher sur les Mont des Arts en rentrant chez moi. J’éprouve de la joie en voyant la mixité incroyable de gens, en flânant sur la place du Jeu de Balle le matin, en me précipitant à vélo vers le bas de la ville pour souffrir en remontant. Toutes ces petites choses qui causent une sensation agréable : le marché du Midi, les nombreuses manifestations qui font bouger la ville, Bruxelles qui vit, les promenades en Forêt de Soignes, la culture et l’art dans les nombreux musées, les artistes de rue, la folie lors d’un match de foot (peu importe qui gagne, après il y a toujours un cortège de voitures klaxonnant dans la rue), les visages déçus des touristes en voyant Manneken Pis ; mon boulanger qui s’efforce à me servir en néerlandais et moi qui sors mon meilleur français, …

Bruxelles a une énergie vibrante qui souffle dans les rues. Que ce soit l’hiver, le printemps, l’été ou l’automne: le centre, Saint Gilles, Schaerbeek, partout et toujours il y a cette ambiance, quoiqu’il faut une certaine ouverture d’esprit pour la ressentir. J’aime les gens qui me confient qu’ils ne connaissent pas Bruxelles mais qu’ils aimeraient y aller un jour. Je suis heureuse qu’ils ne se laissent pas influencer par ce que les médias nous dictent.

Pourquoi – oui, vraiment pourquoi – est-ce que j’entends des remarques comme « Bruxelles, une ville si horrible » «Je ne voudrais jamais y habiter, si grise, si sale » « Tu n’as pas peur ? » « Il n’y a que des allochtones, ce n’est pas la vraie Belgique ». Pourquoi les gens, qui ne connaissent que les gares, la rue Neuve et la Grand’Place, disent-ils des choses pareilles ? Bruxelles a beaucoup plus d’atouts que cela.

Dommage que l’angoisse et les informations partiales nourrissent les idées. Ils sont mauvais conseillers, selon moi. Organise une petite excursion à Bruxelles, demande des suggestions aux habitants du quartier, quitte les sentiers battus, rôde dans la ville et découvre-la. Tu seras étonné !

Dommage que les ’allochtones’ continuent à être stigmatisés. Je fais apparemment partie de cette catégorie-là. Mon père est noir, ma mère est blanche; le résultat est que je suis brune, pas adoptée, pas née en Afrique. Je ne me sens pas ‘allochtone’. Je suis fière des deux cultures et je me sens aussi Belge qu’un vrai Belge peut l’être.

La réalité, en Belgique, à Bruxelles, c’est qu’ il y a des gens de tous les coins du monde et de toutes les cultures. Cela n’a pas de sens d’essayer de faire marche arrière. Nous devons cohabiter, mettre en valeur les talents de tous les habitants et en apprécier la plus value. Je ne dis pas que c’est facile. Il va de soi qu’une diversité de gens provoque aussi une divergence de valeurs, de normes et d’opinions. Par contre cette difficulté peut aussi être enrichissante et passionnante. Chacun doit mettre de l’eau dans son vin. Commençons par nous-mêmes, soyons gentils et agréable envers les autres et démarrons la journée d’une façon positive.

Eh oui, il y des hommes désagréables dans la rue, mais pourquoi n’entends-je rien sur les gens aimables et passionnants ? Certes certaines rues sont archi-vilaines; mais il y a aussi les parcs et les ruelles sympathiques. C’est vrai, il y a de la besogne. Mais il faut aborder le sujet de façon positive. Les petites choses sont importantes. J’y crois fermement. Je vois comment les néerlandophones essaient de s’exprimer en français et les francophones sortent leur meilleur néerlandais. Parfois les deux langues sont mélangées en une phrase. C’est beau à voir comment mes voisins s’efforcent. Pour vivre ensemble, il faut y mettre le meilleur de soi-même. En fin de compte, nous avons tous les mêmes buts.

Je crois fermement en la force de la positivité, il faut oser regarder d’une autre perspective, être patient, essayer de comprendre, mettre les préjugés de côté et malgré tout rester critique. Cela me rendrait tellement heureuse si tout le monde faisait un petit effort. On se regarderait sous un tout autre angle. Il faut apprendre à se regarder en face. Ne pas s’arrêter seulement à l’aspect extérieur, la culture, la religion, les limites, la différence, la situation de quelqu’un mais prendre en compte la personne elle-même. Et pourquoi pas la ville elle-même.

Hannah Boakye a 24 ans

On est submergé de messages négatifs concernant la jeunesse bruxelloise. Comme s’il n’y avait qu’un seul type de jeune à Bruxelles. Bléri Lleshi, philosophe politique, se lancent dans une campagne d’information intitulée ‘Lettres de Bruxelles’. Chaque mercredi , treize semaines durant, de jeunes Bruxellois prennent la parole.

Les lunettes flamandes par Ibrahim Üçkuyulu

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/09/24/lettres-de-bruxelles-les-lunettes-flamandes/

Fille d’ un nègre des sables par Danira Boukhriss Terkessidis

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/01/lettres-de-bruxelles-fille-dun-negre-des-sables/

Bruxelles n’appartient pas seulement aux navetteurs par Nathaniël Bovin

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/09/lettres-de-bruxelles-bruxelles-nappartient-pas-seulement-aux-navetteurs/

Entre les deux  par Natacha De Rudder

https://blerilleshi.wordpress.com/2014/10/17/lettres-de-bruxelles-entre-les-deux/

Suivez les lettres sur

https://blerilleshi.wordpress.com

https://www.facebook.com/Bleri.Lleshi

@blerilleshi

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s