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De plus en plus de jeunes vivent dans un état de pauvreté, le taux de jeunes au chômage ne cesse d’augmenter, et le nombre de jeunes qui quittent les écoles sans aucun diplôme devient plus qu’inquiétant. Les chiffres montrent une vérité éclatante ; les jeunes bruxellois ne se trouvent pas dans une situation facile ces jours-ci. Mais, quoi qu’on en pense, il y a également du talent et un véritable potentiel parmi les jeunes de notre ville. Et si nous voulons y changer quelque chose, il est clair que des investissements seront nécessaires. Nous pouvons offrir aux jeunes des vraies opportunités afin d’améliorer leur vie.

L’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale, nous montre que les chiffres de cette indigence deviennent d’autant plus de chiffres rouges. Sarah Luyten de l’Obervatoire confirme : “L’indigence parmi les jeunes est un des problèmes les plus urgents », elle dit, « ils ne viennent que commencer leur vie : ils mettent leurs premiers pas sur le marché du travail, le marché immobilier… Mais ce début en est un relégué au second plan », elle conclut.

Avoir des ambitions, soit les réaliser, n’est pas simple si on considère la situation sociale et économique dans laquelle beaucoup d’enfants et de jeunes bruxellois grandissent. Néanmoins, il y a bien des jeunes qui réussissent, et qui s’engagent pour eux-mêmes ainsi que pour d’autres jeunes. C’est très important de montrer également ce côté de la situation d’aujourd’hui, puisque comme-ça, on montre en même temps qu’il ya aussi des histoires positives.

Moi-même, personnellement, je me suis occupé de certains projets où cet engagement des jeunes est le point central. Nous partons, bien évidemment, de la situation spécifique dans laquelle le jeune se trouve afin de réaliser ses idées. Laissez-moi vous donné un exemple. Fin de l’année passée nous avons commencé, avec le soutien du Secrétaire d’Etat en charge de l’Egalité des Chances, Bruno De Lille, un projet nommé « The Inspirator » (« l’Inspirateur »), un projet où un groupe de jeunes bruxellois était suivi et soutenu afin de réaliser leur projet de rêve. Permettez-moi de vous introduire quelques de ces jeunes.

Stella habite à peine deux ans à Bruxelles et elle parle déjà pas mal le néerlandais. Même qu’elle n’est pas sûre de pouvoir rester dans notre pays, elle s’est engagée à 100 % comme animatrice auprès des jeunes et des gens plus âgés. Également, elle a même construit son propre projet pour pouvoir travailler avec des nouveaux venus (enfants et jeunes). Son but est de montrer à ces jeunes personnes que la Belgique est un pays plein de possibilités. Mais les enfants et les jeunes doivent vouloir eux-mêmes voir ceci, et de prendre les rênes de leur propre volonté, afin de réaliser les choses qu’ils veulent.  Ils se trouvent dans un autre pays, ils doivent assumer une culture qui leur est encore étrange,… ce n’est certainement pas facile, Stella le sait que trop bien, mais ces jeunes doivent s’engager dans la société par laquelle ils sont désormais directement concernés.

Le schaerbeekois Soufiane, encore un autre bruxellois, s’est mis ensemble avec des amis, afin de suivre, d’accompagner et de conseiller les jeunes de leur quartier. Ils essayent de motiver ces jeunes de bien continuer leurs études, et de réussir les examens. En fait, ils se prennent le rôle des sœurs et frères ainés, et font tout ce qu’ils peuvent afin d’agrandir et de consolider la confiance en soi des jeunes qu’ils ont pris à leur charge. Plus tard, à leur tour, ces jeunes seront d’autant plus motivés d’accompagner et d’inspirer d’autres jeunes.

Gonzalo était un « sans –papiers » pendant des années et années. Il n’a pas pu terminer l’école secondaire, puisque l’école estimait que ses prestations n’étaient pas à la hauteur de quelqu’un de son âge. On n’a pas tenu compte de la situation difficile dans laquelle il se trouvait : le retard de langage, le manque d’une période d’ajustement, et le fait qu’il n’avait pas de papiers.

Maintenant, heureusement, il en a bien, des papiers, et il a également trouvé un travail. Il se rend bien compte des différences sociales ; tout le monde ne reçoit pas les mêmes opportunités et peu de jeunes ont les moyens afin de réaliser quelque chose. C’est pour cela, il s’est engagé, en ce moment, d’aider ces jeunes qu’ils se trouvent dans la situation qu’il a connu qu’assez bien.

Comme Soufiane, Stella et les autres jeunes, Gonzalo prend comme point de départ sa propre expérience. C’est d’une importance énorme de les entendre, d’écouter leurs histoires, leurs expériences, les problèmes qu’ils ont vécus, mais bien sûr aussi leurs idées et ambitions. Comme-ça, nous avons une chance de les atteindre, et de les motiver afin de s’engager et d’avoir la confiance de réaliser des choses.

Quand moi je regarde ces jeunes – et pas mal d’autres comme eux -, je suis plein d’espoir. Chacun qui a travaillé avec des jeunes à Bruxelles, n’importe de quelle manière, ou chacun qui connaît la jeunesse bruxelloise, sait que la stigmatisation qu’on leur ‘jette’ maintenant, ne peut s’appliquer à la grande majorité des jeunes bruxellois. Par contre, ses jeunes ont beaucoup plus de talents dans le ventre que l’on pourrait penser.

Il ya beaucoup de possibilités à Bruxelles, aussi pour les jeunes. Mais trop souvent, ils ne savent point où se rendre, et n’ont pas d’idée où ils doivent commencer afin de réaliser quelque chose. Donc un soutien au niveau local et régional est indispensable pour que les jeunes puissent vraiment s’engager, et se sentir une vraie « partie concernée ». Donc, la politique pourrait jouer un rôle en rendant les choses plus accessible, en soutenant un forum à accès facile pour les idées et les projets des jeunes bruxellois. Par exemple, toutes les paperasseries afin d’obtenir des subventions pour entamer quel projet que ce soit, se montrent dans plein de cas, assez démotivant pour les jeunes, qui risquent de laisser tomber leurs projets. Simplifier ces procédures, serait déjà un pas important dans la bonne direction…

Il faudrait aussi y veiller que les opportunités qui existent, soient des vraies opportunités. Nous le savons que trop bien que pas tout le monde connaît les « réseaux », et que pas tout le monde sait saisir les opportunités qui se présentent. Dans ceux-là, qui ont difficile à trouver accès, il faudrait investir d’autant plus. Et en ce moment en particulier, cet aspect reste sous-exposé. Le corollaire en est que ceux qui ont déjà (des subventions, de l’appui, des opportunités et le savoir comment les saisir au bon moment,…) en auront d’avantage.

C’est clair qu’il faut travailler ensemble afin d’établir des perspectives stables pour le futur des jeunes bruxellois. Les politiciens, les organisations sociales, ainsi que les communautés locales, les parents et bien sûr les jeunes eux-mêmes,…doivent s’y mettre d’un commun effort.

C’est une nécessité absolue de développer le potentiel et le talent qui existe parmi les jeunes bruxellois, et d’y investir. Puisque : investir dans ces jeunes égale un investissement dans un meilleur futur pour Bruxelles.

Bleri Lleshi est philosophe politique et documentariste

Parcours Inspirants / Inspirerende Parcours Bleri Lleshi Belgique / België (2011) — documentaire -40min — OV NL & FR – STT FR & NL

Traduction du néerlandais par Monique Spithoven

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