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La Belgique a établi un nouveau record : elle vient officiellement de dépasser le seuil du processus de formation gouvernementale le plus long de l’histoire européenne. Personne ne s’étonnera que le record mondial soit sous peu à portée du main. Au vu de la réalité politique actuelle, il est plus que pertinent de se poser certaines questions. À commencer par celle-ci : à quoi cela sert-il encore de continuer les négociations ? Puis, former un gouvernement temporaire d’urgence ou attribuer plus de compétences au gouvernement actuel, à quel point est-ce démocratique? Et jusqu’où peut aller une attitude d’intransigeance dans une situation d’impasse totale? De nouvelles élections ne sont plébiscitées par personne, car en prenant en compte le discours qui séquestre le pays depuis ces dernières années, il devient facile d’en prédire les résultats.

De petits jeux politiques

Le 13 juin, l’électeur a voté avec l’espoir de finalement arriver à des solutions. Hélas, il a assez vite déchanté ; la solution est loin d’être en vue, et même si elle était trouvée, combien de temps tiendrait-elle? Ce même électeur est trompé quotidiennement par les partis politiques qui disent servir les intérêts de l’électorat et de la démocratie… Et ces partis à poursuivre leurs petits jeux politiques et médiatiques puérils et prolongés.

Le souhait de l’électeur

Les électeurs ont-ils voulu connaître pareille situation? Je pense que non. L’idée d’une Flandre indépendante a-t-elle été clairement appuyée? Non plus. L’électeur a-t-il souhaité que la Flandre s’enrichisse au détriment des Bruxellois ou des Wallons? Le Wallon a-t-il voté pour que les francophones se développent au détriment des Flamands ou des néerlandophones? Je ne pense pas. Les interrogations suivantes s’imposent : pourquoi les politiciens actuels polarisent le discours au point de constamment opposer Flamands, Bruxellois et Wallons? Pourquoi continue-t-on a avoir recours à des images stéréotypiques et faciles pour définir l’autre, telles que les termes « paresseux, nationaliste, retardé » l’expriment …? Fut-ce réellement le souhait de l’électorat? À vous, cher électeur, de répondre à ces questions.

Le 13 juin, on a voté en faveur de réformes approfondies et de solutions qui seraient au profit de tous les citoyens de ce pays. De Essen ou d’Eupen jusqu’à Gouvy. Pourquoi, lors de ces réformes, ne serait-on pas solidaire avec ceux qui sont le plus exposés aux difficultés du moment ? À titre d’exemple, prenons l’obstacle de la région bruxelloise : si la situation s’améliore, cela servira non seulement les intérêts des Bruxellois, mais aussi ceux des Wallons et des Flamands. Plus les entités individuelles sont fortes, plus l’ensemble le sera. Pour parvenir à cet objectif, la solidarité demeure indispensable. Malheureusement, aujourd’hui, pour de nombreuses personnes, ce terme est devenu une insulte. C’est à un tel point que le discours lui-même est devenu empoisonné.

Déclin

En ce moment, la situation ne laisse place à aucun optimisme. Les différentes parties du pays s’affaiblissent. Le pays ne fait que reculer, en dépit des démentis du gouvernement actuel. Il suffit pourtant de mentionner la dette de l’État, les chiffres sur la pauvreté ou sur l’économie, les réductions des dépenses, l’augmentation des faillites, le nombre croissant de personnes ayant du mal à payer leur loyer. L’électeur continue à avaler la pillule, mais jusqu’à quand? Dans le même temps, il devient de plus en plus difficile de se rencontrer au delà des frontière linguistiques, vu le contexte communautaire qui entraîne l’usage de stéréotypes mutuels. Jusqu’où faut-il aller pour que l’électeur ne s’efface plus sous le discours stigmatisant et diviseur entre la gauche et la droite, entre le plus malin et le plus dur?

Il est temps que l’électeur se lève pour manifester encore une fois ce qu’il a souhaité aux politiciens régnants. Peu de pays occidentaux tolèreraient cette situation. En Italie, où des clowns comme Berlusconi ont la main haute, des mouvements citoyens et des manifestions sont organisées de manière régulière pour créer une espace à la voix du citoyen. Ce sont surtout les étudiants qui y jouent un rôle important. Dans notre pays aussi, les premiers à se lever sont les jeunes, parce que c’est leur avenir qui est entre les mains de ces aventuriers politiques populistes. Il est temps que l’électeur de ce pays passe à l’action et ne se laisse plus abuser par ces poupées politiciennes.

Dans la rue

À part une occupation de la rue, il existe d’autres manières de (ré)agir, en organisant des rencontres locales par exemple. Une espèce d’états-généraux s’annonce, qui permettrait aux électeurs d’exprimer leurs voix. Des organisations citoyennes (syndicats, fédérations et mouvements divers) peuvent jouer un rôle en soutenant ces actions. Les acteurs sociaux, économiques et culturels doivent s’organiser pour manifester leurs ras-de-bol de ces évènements. Pendant que ces politiciens, que nous avons élus, paressent et saturent, la lutte que l’homme modal entreprend chaque mois pour boucler son budget devient de plus en plus ardue. Si les politiciens échouent à faire quelque chose des votes qu’ils ont obtenus des électeurs, il appartient alors aux électeurs de s’engager politiquement, dans leur propre intérêt et dans celui de la démocratie. À lui de jouer dorénavant.

Bleri Lleshi est philosophe bruxellois et documentariste

Traduction du néerlandais: Miriam & Dimitri

Originele versie in het Nederlands :

https://blerilleshi.wordpress.com/2011/01/11/het-is-nu-aan-de-kiezer/

One thought on “La balle dans le camp de l’électeur

  1. Tels opinion ce doit être publier aussi dans les médias francophones.
    Merci

    J-Marie Lagousse

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